Índice de volúmenes - Índice de revistas - Índice de artículos - Mapa ---- Atrás


Revista Comunicar 31: Educar la mirada. Aprender a ver TV (Vol. 16 - 2008)

L’éducation à la télévision en France

Education on TV in France

https://doi.org/10.3916/c31-2008-03-043

Evelyne Bevort

Abstract

En Francia, se puede afirmar con certeza que la educación para la televisión está plenamente integrada en la educación en los medios desde 2007. Los estudios, trabajos, actuaciones y la formación desarrollada son prueba fehaciente de esta presencia en una doble dimensión: la presencia de los profesionales de la televisión en múltiples acciones y las propias producciones televisivas de los jóvenes. Este trabajo plantea varios interrogantes de enorme actualidad en el panorama francés: ¿qué lugar ocupa la educación para la televisión en el sistema educativo galo?, ¿cuáles son sus actores prioritarios?, ¿cómo actuar ante los retos presentes y futuros en el ámbito digital?

We can say that education on television in France is entirely inscribed within education to mass media in 2007. Research studies, training and intervention testify this strong presence and original choices which were played as the participation of professionals of television in different actions and the interest in the achievements of young people. What place does this education occupy for the television in the practices of the teachers? What are the main characters? How do we face the present and future of digital challenges?

Keywords

Televisión, medios, jóvenes, educación para la televisión, producción televisiva, sistema educativo

Television, mass-media, young people, education for television, television production, educational system

Archivo PDF español

1. Des pratiques anciennes et controversées

Les premiers travaux pédagogiques entrepris autour de ce média ont débuté il y a une cinquantaine d’années. Ils étaient alors le reflet d’ une double approche. Les optimistes voyaient dans la télévision une alliée objective, un vecteur potentiel d’ouverture et d’éducation sans pareil . Les pessimistes, nettement plus nombreux ,envisageaient la télévision comme une concurrente ou même comme une ennemie dispensatrice de divertissements de deuxième catégorie et de culture vulgaire. D’où une suspicion très marquée vis-à-vis du «petit écran».

A cela, rien de vraiment étonnant puisque chaque apparition d’un nouveau média déclenchait et déclenche encore ce type de «controverse» pédagogique. On retrouve là aussi, bien évidemment, les fondements de la diffé- rence entre l’approche constructive et l’approche «vaccinatoire» de l’éducation aux médias. Dans le cas de la télé- vision, se surajoutaient deux dimensions non négligeables: la force de l’écriture audiovisuelle (et particulièrement des images) avec un impact plus émotionnel et son intrusion dans la sphère privée familiale.

En France comme ailleurs, la question du rapport entre l’éducation et l’image était loin d’être réglée. Subsistait encore de façon plus ou moins consciente cette position héritée de la vieille querelle entre iconoclastes et iconodules ou plus récemment entre cisterciens et clunisiens qui pose que l’image, loin d’aider à l’instruction des plus modestes, les dissipe et les divertit des connaissances fondamentales.

Les questions engagées autour de la télévision ont constitué un déclencheur qui a entrainé une dynamique globale de réflexion autour des médias , de leur réception et de leur influence. Ces questions préexistaient bien entendu mais elles ont trouvé là une véritable vigueur.

N’oublions pas que les premiers experts à avoir imaginé dès 1973 l’apparition d’un nouveau domaine qui s’intitulerait l’éducation aux médias venaient du centre international du cinéma et de la télévision, le CICT.

Car c’est bien la télévision, à la fois média de masse par excellence des années 60-70 et grand dispensateur de «plaisirs faciles» qui fut à l’origine de la volonté de faire prendre en compte les médias dans leur ensemble.

En France il y avait jusque là une double tradition parmi les éducateurs travaillant sur les médias: une réflexion autour de la citoyenneté et l’information plutôt centrée sur la presse écrite et une autre tradition s’appuyant sur l’approche esthétique et politique tournée vers le cinéma.

La télévision est venue brouiller ce découpage en imposant une démarche qui prenait en compte une approche des médias dits populairesune réflexion sur les médias de flux et leur réception et un regard particulier sur les médias généralistes proposant au fil des programmes des genres très diversifiés. Dans le même temps, elle faisait rêver ceux qui cherchaient de nouveaux moyens pour dispenser plus massivement des savoirs et se tournèrent dès lors vers une télévision scolaire et scolarisée.

Des expériences très innovantes se sont développées à partir de la fin des années soixante-dix avec «Jeune Téléspectateur Actif» et l’ICAV (Initiation à la communication audiovisuelle). Elles avaient pour originalités de se centrer sur une réflexion prenant en compte les théories développées autour de la réception de la télévision par les jeunes et les autres catégories de publics . Elles proposaient en outre une approche éducative globale en impliquant dans ce processus d’éducation à la télévision toutes les catégories d’éducateurs, des familles aux nourrices, des travailleurs sociaux aux enseignants.

Sans m’attarder sur une vision trop historique, j’ajouterai que la création du Clemi (centre de liaison entre l’enseignement et les médias d’information) au sein du ministère de l’éducation nationale en 1983 a permis que soit prise davantage en considération la dimension de l’information et ses conséquences indirectes sur la formation de l’opinion. Au même moment, l’apparition de la cassette vidéo provoquait une rupture entre ceux qui disaient travailler sur l’audiovisuel et ceux qui travaillaient sur la télévision comme média de flux, dans sa globalité et dans sa forme grand public.

Le travail d’éducation à la télévision se réduit trop souvent à la question du langage et de l’écriture audiovisuelle et évite de traiter les questions réellement en prise avec l’éducation aux médias qui tournent autour de l’institution médiatique et ses particularités.

Le ministre de l’éducation nationale, soucieux d’une véritable éducation à la télévision, avait d’ailleurs commandé au Clemi en 2003, une brochure pédagogique intitulée: «Télévision, mode d’emploi» et distribuée à 150.000 exemplaires dans les établissements scolaires du secondaire (élèves de 11 à 18 ans).

2. Qu’en est-il aujourd’hui?

La télévision, malgré tous les bouleversements structurels, techniques ou de contenus qui l’ont affectée, reste et de loin le premier média dans les pratiques culturelles et médiatiques des Français. Cette donnée incite à poursuivre avec ténacité le travail entrepris pour accompagner les jeunes et les adultes dans l’univers de ces images.

En particulier, il s’agit de poursuivre la collaboration avec les professionnels des médias dans ce domaine. Depuis plus de 20 ans, le Clemi s’efforce de mettre en place des relations de travail permettant aux professionnels d’occuper une place adaptée dans l’éducation aux médias. Cette collaboration permet de développer des outils de formation et d’analyse autour des différents axes de la télévision. Prenons quelques exemples: Une convention avec la chaîne de service public, France5, a permis d’organiser des journées thématiques sur l’école et la télévision dans quatre grandes villes et d’en faire à chaque édition, un lieu d’échanges passionnés entre plusieurs centaines d’éducateurs et des réalisateurs, producteurs, responsables d’antenne disposés à accepter le débat.

Une relation de travail approfondie avec l’INA (Institut national de l’audiovisuel) a abouti à la production d’un dvdrom sur le journal télévisé et à une rubrique régulière d’éducation aux médias intitulée «Décryptage» s’appuyant sur les archives télévisuelles, en ligne sur le site de l’INA (ina.fr).

Je pourrais citer également les modules en ligne développés avec Arte pour travailler sur la structure des reportages d’information ou le kit pédagogique sur le «journal de 13h» de TF1 rendu possible grâce à l’accord de la chaîne. Au-delà de ces exemples, il faut noter que cette relation se fait dans l’équilibre bien compris des partenaires sans se trahir. Mais voici que la révolution du numérique nous conduit aujourd’hui à reconsidérer le travail d’explicitation et de lecture de la télévision.

La convergence des technologies, le développement rapide de la télévision numérique, l’augmentation du pay per view et de la v.o.d. conduisent à une redéfinition complète de la notion de télévision. Nous sommes loin désormais de la chaîne unique des années 60, regardée par tous ceux qui disposaient alors d’un téléviseur. Nous arrivons aujourd’hui à des modes de réception qui mettent systématiquement en avant le choix de l’individu. C’est «Ce que je veux, quand je veux et où je veux…».

La notion de flux et de programmation est remise en cause par ces nouveaux services audiovisuels destinés à être reçus à terme sur l’écran des téléphones mobiles. Cette évolution ne signe pas pour autant la mort de l’autre télévision mais plutôt augure plutôt d’une cohabitation. Reste donc pour les éducateurs aux médias soucieux de transmettre perspicacité, distance critique et jugement esthétique à redéfinir dans cette perspective ce qui fait la base de leurs travaux depuis si longtemps.

Mais avec un contexte très favorable car leur légitimité est accrue par le déferlement de ces images et l’absolue nécessité de doter désormais tous les citoyens d’une vigilance et d’une capacité d’autorégulation.

Il s’agit au fond d’appliquer le texte de la nouvelle directive de la Commission européenne faisant suite à Télévisions sans frontières et qui écrit. «Les personnes éduquées aux médias seront aptes à faire des choix informés, à comprendre la nature des services et des contenus et à tirer parti de tout l’éventail des possibilités offertes par les nouvelles technologies de communication…Il convient par conséquent de favoriser et de suivre de près le développement de l’éducation aux médias à tous les niveaux de la société…». Plus que jamais le travail d’éducation à toutes les formes de télévision revient dans l’actualité et nécessite de mobiliser toutes les énergies positives autour de ce projet. C’est au moins ce que nous nous efforcerons de faire en France.